Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 17:41

 

LE CURIEUX MYSTERE DU 3ème CRASH D'HELICOPTERE DRAGON EC145/BK117C2 DDSC : 7 MOIS D'ENQUETE SANS RESULTAT

 

Peut-être a-t-on déjà oublié que le 25 avril 2009 au soir, une jeune femme de 20 ans sur le point d'accoucher trouvait la mort à RITALI, en Corse, alors qu'elle était transportée vers l'Hôpital de BASTIA par un hélicoptère de la Sécurité Civile baptisé Dragon 2b, fabriqué par la société EUROCOPTER, elle et les membres de l'équipage ainsi qu'un Médecin du SAMU présente à bord?

Ce jour là, vers 15 heures, Justine GRESSLER, habitant la petite commune de COSTA dans la montagne corse, avait appelé le SAMU car, sujette à une grossesse à risques diagnostiquée par le Dr COLOMBANI du C.H. de BASTIA elle commençait à paniquer: l'accouchement provoqué était prévu pour le 27 avril, deux jours plus tard, mais elle ressentait de vives douleurs et des contractions de plus en plus rapprochées.

Qu'à cela ne tienne, lui avait-on répondu: qu'elle se rende en voiture par ses propres moyens à l'hôpital de BASTIA, où elle serait prise en charge!

Le Dr COLOMBANI lui avait bien interdit tout transport en voiture, mais que faire? BASTIA est à une heure et demie de route, et elle ne faisait pas partie des VIP susceptibles de bénéficier d'une ambulance et encore moins d'un hélicoptère.

Au retour de son compagnon, sorti faire des courses à ILE ROUSSE, c'est donc le départ vers BASTIA, Justine allongée sur la banquette arrière; En route ils rencontrent un véhicule de Gendarmerie, qui les prend en charge et appelle le SMUR. Aussitôt il est décidé de la convoyer vers PONTE LECCIA où va l'attendre un hélicoptère de la Sécurité Civile revenant de mission et ayant à son bord un Médecin du SAMU, le Dr SALMON.

Sur place, le Dr SALMON examine Justine. Il faut faire vite, et après un pré-examen dans l'ambulance, Justine est hissée à bord de l'hélicoptère, qui doit la transporter en quelques minutes à BASTIA.

C'est là que le mystère commence et que semble-t-il l'enquête va s'arrêter:

- A 19 heures 21 l'hélicoptère décolle, cap 40° direction BASTIA, et atteint l'altitude de 1950 pieds, et une vitesse de 130 nœuds. Tout va bien semble-t-il, et le pilote envoie une petit coup de sirène joyeux.

- Trente secondes plus tard, première anomalie: l'appareil perd en vitesse et en altitude: il descend à 1684 pieds et sa vitesse tombe à 84 puis à 60 nœuds; cette phase de vol dure une minute. Le pilote a changé de cap, il se dirige au cap 90°.

- Une minute plus tard, plus rien ne va: la vitesse est encore tombée, à 21 nœuds, puis à 15 nœuds, alors que l'appareil remonte à 2584 pieds, et qu'il est désormais au cap 205, droit vers la falaise. C'est le crash.

Durant ces quelques toutes petites minutes, il n'y a eu aucun échange radio. L' appareil vole "à vue" et non "aux instruments", et s'il s'est passé quelque chose à bord, peut-être cela figure-t-il sur les données enregistrées par la carte Silicon Drive présente à bord.

Le problème est que cette carte, immédiatement saisie par le Service de Recherches de la Gendarmerie des Transports Aériens (SRGTA) de PARIS CDG, n'est lisible qu'avec un logiciel fourni par...EUROCOPTER, fabricant franco-allemand (et sino-japonais) de l'appareil. Lequel n'a pas permis d'exploiter les résultats des données transférées sur disque dur, bien que la carte soit intacte et les données non corrompues..

En urgence, le Parquet de BASTIA a ordonné le transfert de l'épave vers le Centre d'Essais des Propulseurs de SACLAY (CEPR) et le 16 juin 2009, le Juge d'Instruction, Madame TALLONE, devant laquelle les familles des victimes se sont constituées parties civiles contre X pour homicides involontaires, confie l'examen de l'appareil au CEPR, en coopération avec le BEAD-air (qui dépendent tous deux du Ministère de la Défense). Lequel va déposer, le 2 octobre 2009, un "rapport" concluant à une absence totale d'anomalies de l'appareil au moment de l'accident.

Le 8 octobre 2009, Madame TALLONE reçoit officiellement de l'avocat de la famille de Justine, Me FLECHER, du Barreau de TOULON (les parents de Justine sont originaires de LA CRAU), une demande d'acte: il est sollicité une expertise judiciaire, avec des experts civils indépendants, choisis sur l'une des listes des experts assermentés.

Le Juge a un mois pour accepter ou refuser cette demande, par Ordonnance motivée. Or, pas de réponse.

Le Président de la Chambre de l'Instruction, juridiction d'appel, est alors saisi de la demande. Parallèlement une nouvelle demande est formulée auprès du Juge, aux mêmes fins. Cette demande est reçue le 13 novembre 2009, mais cette fois-ci il y est répondu: c'est un refus.

L' "expertise" menée par le CEPR est parait-il très claire, et il n'y a pas lieu de chercher plus loin.

Alors quelques rappels s'imposent.

L'hélicoptère "Dragon 2 b" de la Sécurité Civile est un BK1172C rebaptisé EC145. Il est l'héritier de la version BK117A1, dont la première certification remonte à 1999. Depuis cette date, de nombreux bulletins d'alerte ont été publiés quant à fiabilité de cet appareil, notamment des "emergency airworthiness directives" (EAD) et des "alert service bulletins" dont celui concernant le MBB BK117C2 65A 003) , sans pour autant que les transformations préconisées aient été effectuées, de telle sorte qu'en 2006 des pilotes de la Sécurité Civile se sont mis en grève, après qu'un deuxième accident mortel en France se soit produit après le premier de 2003 et d'autres, plus anciens, aux USA (avril 1997 crash dans l'East River au décollage du 60th Streer Heliport de New York, et d'autres) dus peut-être à un rivetage défectueux (utilisation de "blind rivets" à la place de "solid rivets").

Par ailleurs, il est établi qu'entre 1982 et 1997, 32 accidents d'hélicoptères sont liés au "VORTEX" ( Vortex Ring State) ou état d'anneaux tourbillonnaires. Le phénomène prend naissance quand le rotor descend dans son propre souffle et perd de la portance; une chute brutale s'ensuit. Au cours du vol, des tourbillons se sont créés sur les extrémités des pales. Dans des conditions normales, ces tourbillons sont chassés vers le bas et n'affectent la portance que de façon mineure. Mais pour de forts taux de descente, la vitesse est insuffisante pour chasser les tourbillons vers le bas: ils s'accumulent alors sous le rotor et s'amassent "par paquets". Le flux devient très irrégulier et peut recirculer à travers le rotor. Résultat: le rotor s'enfonçant dans son propre souffle perd de la portance et la chute s'accélère brutalement.

Si le pilote tente d'augmenter le pas collectif pour reprendre de l'altitude, une mauvaise surprise l'attend: dans ces conditions, la commande est sans effet. Il se peut aussi que l'un des deux rotors (supérieur et arrière) entre en VRS avant l'autre, ce qui induit un fort roulis conduisant à la catastrophe. On peut lire sur le site "Heliforum.com":

"Vortex ou anneaux tourbillonnaires

Les conditions propices

En descente purement verticale, lorsque la vitesse de chute se rapproche de la vitesse moyenne de l'air qui traverse le rotor (dite "vitesse induite" moyenne), Mais attention les conditions d'apparition du vortex sont plus générales et il n'est pas nécessaire d'être en descente verticale !

Les effets:

- L'air chassé vers le bas par le rotor tend à remonter et recirculer dans le rotor par endroits (là où la vitesse induite qui n'est pas uniforme est la plus faible). Un mouvement circulaire de l'air s'établit en une forme de tourbillon, grossit puis "éclate" au delà d'une certaine taille et s'échappe vers le coté. Puis le phénomène recommence. C'est un phénomène irrégulier, aléatoire dit "instationnaire".

- Par conséquent, le rotor produit des variations importantes et brutales de portance en norme et en direction ce qui fait ressentir à l'équipage des secousses.

- Globalement, la portance diminue, donc la vitesse de descente augmente et est difficilement contrôlable.

- Si l'hélicoptère est proche du sol lorsque le phénomène survient, le seul effet analysable et concret est une intersection inattendue et brutale de la trajectoire de l'hélicoptère avec le sol . C'est ce qui est souvent appelé "perte de contrôle".

Les bons réflexes à avoir:

1. Ne pas se mettre dans les "conditions propices" proche du sol, autrement dit analyser le vent afin de ne pas se retrouver immobile par rapport à la masse d'air. Coup classique : translation vers l'avant par rapport au sol alors que le vent vient de l'arrière.

2. Si le sol est assez loin, plusieurs possibilités :

- La plus radicale: Prendre de la vitesse en poussant sur le manche et diminuer légèrement le pas général. Il n'est pas nécessaire de diminuer fortement le pas général car ceci accentue le taux de chute (cependant si la hauteur le permet le fait de passer en autorotation permet de quitter le régime de vortex).

Seules des conditions parfaites de soufflerie peuvent éventuellement reproduire de beaux anneaux toriques qui s'amplifient en augmentant le pas."

Au vu de ces éléments, connus de tous les pilotes d'hélicoptères dignes de ce nom, il est clair qu'un simple examen des éléments mécaniques de l'appareil après l'accident ne peut pas être de nature à participer de façon utile à la recherche de la vérité. La vérité se cache souvent, et elle n'est pas toujours bonne à dire.

Le PDG actuel d'EUROCOPTER, l'allemand Lutz BERTLING, dressait fin octobre 2009 un constat sans appel pour la filiale hélicoptères du groupe EADS, confronté à une baisse de 70% des prises de commandes et annonçait un plan de réduction des coûts dénommé "Shape". Le journal LES ECHOS rapportait à ce sujet que l'objectif était de réduire le coût des fonctions "support" d'environ 15%. AEROCONTACT publiait pour sa part le 23 octobre 2009 qu' EUROCOPTER devrait voir ses livraisons diminuer de 8% en 2010 et voudrait dégager 200 millions d'euros d'économies par an à compter de 2011, dans un marché d'hélicoptères civils évalué à quelque six milliards d'euros par an evc une très rude concurrence d' AGUSTA WESTLAND, de BELL HELICOPTERS, et de SIKORSKY;

Or les clauses des contrats civils passés avec les Etats-Unis comporteraient des dispositions particulières permettant d'annuler le contrat en cas d'accidents imputables à la technologie des appareils, ce qui représente un risque majeur en termes de pertes financières supplémentaires..

Dans ces conditions, il serait utile et juste d'admettre des expertises judiciaires indépendantes et contradictoires, au cours desquelles des essais pourraient être effectués (comme cela se pratique en interne) sur des appareils intègres soumis à des conditions de vol similaires à celles qui existaient au soir du 25 avril 2009 au décollage de PONTE LECCIA.

Mais l'Instruction ouverte en Corse ne semble pas envisager d'emprunter ce chemin.

Comme pour les accidents de 2003 et de 2006, l'on s'achemine lentement mais surement vers une Ordonnance de non lieu, là où les familles des victimes pensent qu'il serait envisageable de mettre en examen le PDG d'EUROCOPTER pour mise en danger de la vie d'autrui, voire pour homicides involontaires ou pire encore.

Il faut étendre l'enquête et la joindre à celle qui a récemment été réouverte après le non lieu concernant l'accident de 2006, en tous points similaire à celui du 25 avril 2009. Il faut expertiser l'EC 145 et non pas simplement l'épave du Dragon 2b dont il ne reste que des débris inexploitables. Il faut soumettre de manière transparente et publique ces engins à des contrôles en situation de vortex. Entendre des pilotes et des anciens pilotes, des techniciens spécialistes en aéronautique, des ingénieurs et des témoins..

En bref, il faut rechercher la vérité. Il y en a une. Le pilote qui a décollé le 25 avril 2009 en Corse était ce que l'on appelle un "vieux pilote" c'est à dire un pilote aguerri, aux nombreuses heures de vol, et il connaissait parfaitement le terrain et les conditions météo (moins mauvaises qu'on l'a dit lors de l'accident; ce n'est que plus tard qu'elles se sont aggravées). L'appareil n'était pas en surcharge; le mécanicien était aux instruments et non dans la carlingue. Selon les affirmations du CEPR tous les organes de l'hélicoptère étaient en bon état avant le crash...

Alors nous en appelons à l'opinion publique et posons la question: faut-il accepter cette situation?

 

 

 

 

 

 

Par SCP FLECHER POUJADE FLECHER - Publié dans : Justice - Communauté : l'actualité en général
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 00:35

LE JUGE DE BASTIA REFUSE D’ORDONNER L’EXPERTISE DE L’HELICOPTERE

QUI S’EST ECRASE LE 25 AVRIL EN CORSE

 

Le 25 avril 2009 cinq personnes trouvaient la mort dans le crash d’un hélicoptère de la Sécurité Civile transportant une jeune femme de 20 ans sur le point d’accoucher.

La France entière s’est émue de ce drame, et Madame ALLOIT-MARIE, alors Ministre de l’Intérieur, s’est déplacée en Corse pour apporter son soutien aux familles des victimes (le pilote, son mécanicien, Justine GRESSLER et son bébé à naître, et le Médecin du SAMU présent à bord).

Cet accident n’est pas le premier à survenir, dans des conditions géographiques similaires, avec un hélicoptère EC 145 (autrement baptisé Dragon), fabriqué par EUROCOPTER, filiale d’EADS : en 2003 et en 2006 des accidents identiques se sont produits, à ce jour encore inexpliqués.

Celui du 25 avril 2009 le sera-t-il un jour ? On a peine à le croire car le Juge, au lieu de désigner un expert ou un collège d’expert judiciaires, a délégué à un Centre de SACLAY assisté des fameux experts du BEA/Air Défense le soin de rechercher la vérité. Leur vérité.

Quand on sait que le Centre de SACLAY (CERP) dépend de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et le BEA/Air Défense du Ministère de la Défense, l’on se pose des questions :

Peut-on concevoir meilleurs défenseurs de la raison d’Etat que des militaires ou assimilés ?

En tout état de cause, une expertise judiciaire s’imposait. Elle a été demandée par lettre recommandée adressée à Madame TALLONE, Juge d’Instruction, le 7 octobre 2009. Le Juge avait un mois à compter de la réception (8 octobre) de cette demande d’acte pour ordonner ou refuser cette expertise, par Ordonnance motivée.

Ou elle pouvait également, et c’est la voie qui a été choisie, ne pas répondre, ce qui équivaut à un refus tacite dont a immédiatement été saisi la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de BASTIA.

A l’heure où l’on parle beaucoup de l’éventuelle suppression des Juges d’Instruction,  et où l’on crie de toutes parts au scandale que représenterait pour notre démocratie la suppression de ces Magistrats considérés indépendants, que faut-il penser de cette situation ?

La famille de Justine n’entend pas quant à elle rester les bras ballants face à ce mur du silence et exige, puisqu’il semblerait que la politique s’en mêle, que chacun prenne ses responsabilités et fasse son travail.

De nombreux scellés, dossiers, pièces à conviction, éléments d’enquête n’ont pas rejoint le dossier pénal de BASTIA comme le code de procédure pénale l’exige et sont restés à ROISSY ou ailleurs..

D’autres questions ont été posées et d’autres encore le seront jusqu’à ce que l’on accorde enfin aux familles des victimes le minimum de respect qui leur est dû.

Me Henry FLECHER

Avocat de la famille de Justine GRESSLER

 

Par SCP FLECHER POUJADE FLECHER - Publié dans : Justice - Communauté : l'actualité en général
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 12:39

Statue de la Justice
Le débat qui semble s'enliser sur l'éventuelle suppression en France des Juges d'Instruction reste, malgré les apparences, encore très passionné.

Certains "penseurs", au demeurant bien intentionnés, s'émeuvent d'une mesure qu'ils déclarent d'ores et déjà liberticide, en ce qu'elle aurait pour but de transférer à un "homme aux ordres" (le Procureur de la République) les pouvoirs que détient, "en toute indépendance", le Juge d'Instruction, Magistrat du Siège, donc, par définition, inamovible.

Ainsi - selon eux - celui qui, jusqu'à présent et à la satisfaction de tous (Cf. l'affaire dite d'Outreau) instruisait à charge et à décharge, serait remplacé par un "soldat" aux ordres de la Chancellerie qui donc, toujours par définition, serait par nature dénué de toute indépendance.

Tout d'abord, c'est faire insulte aux Procureurs de dire qu'ils sont "aux ordres".

Selon la célèbre formule en effet, "si l'écriture est serve, la parole est libre".

Mais surtout, qui peut sérieusement prétendre que les Parquets sont à ce point terrifiés par leur hiérarchie qu'ils ne se hasarderaient à poursuivre ou à ne pas poursuivre tel ou tel citoyen, telle ou telle société par peur de déplaire ou par crainte d'être désavoués?

Que je sache, le Procureur Eric de Montgolfier n'a pas attendu les ordres pour engager des poursuites contre des "personnes" à l'encontre desquelles il estimait que des poursuites devaient être engagées ou une information ouverte!

Le tout, en fait, dépend du degré de courage de chaque individu, et c'est là où le bât blesse.

Chaque acteur de Justice se doit de mesurer en son âme et conscience la nature et l'étendue de ses devoirs, et il en va du Procureur comme du Juge d'Instruction, quel que soit leur statut.

Aujourd'hui, qui peut affirmer sérieusement que les droits de la défense tout comme les droits des victimes sont suffisamment assurés par les textes qui régissent la procédure de l'instruction?

Il n'y a ici pas assez de place pour dresser une liste exhaustive de tous les cas où, de par notre système hybride issu d'un mélange d'accusatoire et d'inquisitoire, les prévenus, les "mis en examen", les témoins assistés, les parties civiles, et les victimes simples témoins impuissants sont écartés d'une connaissance EN TEMPS REEL du dossier qui les concerne.

Une fois dans l'engrenage judiciaire (lorsqu'il parvient à y pénétrer) chaque dossier devient en effet quasiment "secret défense"; sauf qu'il ne s'agit pas là de la défense des individus mais de celle du secret.

Chacun sait également que pour voir "bouger" un dossier sensible, l'intervention des médias est incontournable, et ce avec tous les effets pervers et les conséquences collatérales que celà entraîne tant pour la sérénité du jugement à venir que pour la vie privée de ceux qui sont "impliqués" dans le dossier.

Alors oui, nous sommes favorables à la suppression du Juge d'Instruction (le remplacer par un collège de 3 Juges est encore plus inepte que de diviser ses pouvoirs en les attribunat en partie à un magistrat ignorant du dossier).

En 40 années d'exercice professionnel, je n'ai pas souvenance d'avoir connu beaucoup d'actes d'instruction "à décharge" (puisque le Juge d'Instruction d'aujourd'hui a ce double rôle d'instruire à charge et à décharge) et, très souvent, ironie des faits, il s'est trouvé que la défense a trouvé, lors de l'audience, ses meilleurs appuis dans le réquisitoire d'un Procureur...

Si demain les Procureurs, comme partout ailleurs ou presque, ont en charge l'enquête et les poursuites, alors la défense, pour peu qu'elle soit digne de ce nom et qu'elle dispose de moyens identiques à ceux dont dispose l'accusation, pourra parler "d'égal à égal" des charges ou des faits qu'elle aura à connaitre, et contribuer de manière loyale à une bonne administration de la Justice.

Certes, peut-être faudra-t-il un peu de temps pour que l'équilibre se fasse et que changent les mentalités. Un changement radical des modes de formation des avocats devra préalablement être décidé et mis en oeuvre, le système actuel ne produisant que "demandeurs d'affaires" prêts à tous les sacrifices pour survivre.

Il faudra que les avocat regagnent en considération et en respect ce qu'ils ont perdu en quelques décennies de fourvoiements directement issus de leurs conditions d'exercice et de formation.

L'idée d'un "tronc commun" de formation entre magistrats et avocats (idée sacrilège que les tenants de la sacro sainte ENM tiennent pour sulfureuse) est à creuser encore, car sans aucun doute, c'est de là (il en va de même dans l'Enseignement) que viendra l'égalité, donc l'équilibre et la Justice.

Henry Flécher
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Par SCP FLECHER POUJADE FLECHER - Publié dans : Justice - Communauté : Pour une justice plus efficace
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 13:07

Le 25 avril 2009 à 19h35 un hélicoptère de la Sécurité Civile s'écrasait en Corse, peu après son décollage, avec à son bord quatre personnes dont une jeune femme, Justine G., sur le point d'accoucher et transportée en urgence à l'hôpital de Bastia.

 

Quelques jours après ce drame, la famille de Justine a déposé plainte contre X pour homicides involontaires et s'est constituée partie civile. Un juge d'Instruction a été désigné, en la personne de Mme Valérie TALLONE, du TGI de BASTIA.

 

Depuis, les parties civiles ont attendu 5 mois avant d'être entendues par le Juge, au cours d'une audition qui aura duré quelques minutes.

 

Mais pour autant la copie du dossier pénal ne nous a toujours pas été transmise, malgré plusieurs demandes pressantes, et la famille, en quête de vérité pour entamer son travail de deuil, oscille entre colère et désespoir face à cette situation.

 

Malgré la distance qui sépare la famille (vivant dans la région toulonnaise) de Tribunal de Bastia, et malgré la possibilité offerte par les textes de déroger à la règle fixant le délai permettant l'accès au dossier, celui-ci n'a été accessible que 4 jours avant l'audition (au milieu desquels un week-end), et surtout, depuis, malgré l'affirmation selon laquelle la communication des pièces serait imminente, les pièces n'ont pas été envoyées et donc examinées par la famille comme le droit les y autorise en temps ordinaire.

 

Que faut-il en penser?


Par Avocats à Toulon - Publié dans : Justice - Communauté : l'actualité en général
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 12:45

Près de cinq mois se sont écoulés depuis le tragique accident d’hélicoptère survenu le 25 avril 2009 en Corse, lors d’un vol SMUR de PONTE-LECCIA à BASTIA  destiné à transporter en urgence à l’Hôpital une jeune femme de 20 ans sur le point d’accoucher, Justine GRESSLER.

Cinq personnes ont trouvé la mort dans cet accident : le pilote, son copilote et mécanicien, qui semble-t-il n’était pas « aux instruments » lors du crash, une femme Médecin présente à bord, et la jeune future maman, dont l’état de grossesse à hauts risques avait été  signalé par le Dr COLOMBANI, Médecin Gynécologue de l’Hôpital, qui avait proscrit tout transport non médicalisé, et son bébé, né sans vie.

Plusieurs lettres ont depuis été adressées aux Ministres de tutelle ainsi qu’au Bureau Enquêtes Accidents Défense/Air dont dépendait l’hélicoptère de l’aviation civile Dragon 2b qui effectuait le transport ce soir-là. En vain.

Malgré une constitution de partie civile entre les mains de Madame TALLONE, Juge d’Instruction à BASTIA et, là encore, malgré plusieurs courriers, dont certains par lettre recommandée, le dossier pénal, qui contient notamment le rapport des premières constatations, les photos des lieux, les rapports d’autopsie des victimes, les auditions de témoins, et sans doute beaucoup d’autres éléments importants, demeure inaccessible à l’avocat des parents de Justine que je suis, en application du code de procédure pénale qui n'autorise pas cette communication avant l'audition des parties civiles, prévue le 22 septembre.

Mis à part les accusés de réception de La Poste, aucune réponse, aucune réaction. Silence total. Si ce n'est une réponse, le 7 août dernier,  du Général de Brigade aérienne Yves ARNAUD, Directeur du BEA/Défense Air indiquant que la diffusion ou la transmission du rapport final d'enquête répondent à un formalisme très strict destiné à garantir l'indépendance du Bureau...et renvoyant au Juge.

Pourquoi ?

Il faut savoir que l’hélicoptère EC -145, autre nom du BK 117-C2, dont le premier vol a eu lieu le 12 juin 1999, est encore considéré comme l’un des fleurons de la flotte hélicoptère du Groupe EUROCOPTER, l’une des divisions d’EADS, et que si en 2008 pas moins de 81 appareils de ce type ont été commandés, il est question d’une transaction en cours avec les USA  portant sur 350 unités.

Les conclusions de l’enquête technique et administrative ordonnée en même temps que l’enquête judiciaire sont donc, pour le moins, sensibles.

Or, postérieurement à cet accident, diverses particularités voire faiblesses de cet appareil ont été signalées, officiellement, au travers notamment de plusieurs directives de navigabilité (au sigle anglais AD) en date du 4 juin dernier (AD n° 2009-0119) ainsi que par la directive EAD ( Emergency Airworthiness Directive) 2009-0123-E du 10 juin remplacée par la directive EAD 2009-0158-E du 16 juillet 2009, concernant toutes la sûreté de fonctionnement du rotor anticouple arrière de ce type d’appareil, déjà mise en cause lors des crashes survenus les 23 juillet 2003 ( hélicoptère immatriculé F-ZBPC) et 5 juin 2006 (hélicoptère F-ZBPB) dans les Pyrénées.

Dès lors, l’on est en droit de se poser la question de savoir si un dysfonctionnement mécanique de la boite de transmission intermédiaire du rotor anticouple ne serait pas à l’origine de la perte de contrôle de l’appareil par son pilote, ceci dix jours avant la production de l’ « alert service bulletin » MBB BK 117-C2-65A-003 du 4 mai 2009 faisant suite à diverses alertes d’ EUROCOPTER et à des signalements publiés en juillet-août 2000 dans le revue AVIATION MECHANICS BULLETIN concernant un accident mortel survenu au décollage de NEW YORK d’un hélicoptère BK 117-B2.

Une avarie de cette nature aurait-elle été décelée sur place, en Corse, à l’arrivée des spécialistes, qui serait de nature à expliquer pourquoi la Force Publique aurait reçu l’ordre de maintenir à 500 mètres les journalistes présents (ainsi que s’en étonnait CORSE-MATIN) ?

L’affirmation par le Préfet de Haute Corse, M. Hervé BOUCHAERT, de l’existence d’une météo « exécrable » est-elle en phase avec les relevés METAR de l’aéroport de BASTIA-Poretta, sachant par ailleurs que cet hélicoptère est présenté sur le site web d’EUROCOPTER comme opérationnel par tous les temps ?

Par ailleurs, pourquoi a-t-il fallu sept à huit heures pour localiser et raller les éventuels survivants de ce vol PONTE-LECCIA/BASTIA du 25 avril, l’appareil étant à rechercher sur un trajet d’à peine 40 kilomètres et sa dernière position géographique passant pour avoir été connue du radar secondaire, étant déductible de celle de sa disparition déclarée du radar terrestre, sans cesse informé par le dispositif embarqué connu sous le nom de transpondeur ?

En tout état de cause, quand bien même la vérité pleine et entière serait-elle connue un jour, il est inacceptable et gravement insultant qu’à l’heure où un Juge d’Instruction détient depuis plusieurs mois un dossier qu’il ne communique pas à la partie civile et où les Ministres « se renvoient la balle » (de l’Intérieur à la Défense) sans apporter, ni les uns ni les autres, le moindre commencement de réponse aux questions lancinantes qui hantent jour et nuit les familles des victimes, celles-ci demeurent éloignées des enquêtes.

J’avais, le 25 juillet, trois mois jour pour jour après la tragédie, lancé un appel public, au nom des familles, afin de tenter d’obtenir une ébauche de réaction.

Sans succès. La Presse n’a rien publié.

Alors se pose la question de savoir si ce silence – y compris des media – est volontaire.

Pour la famille de Justine GRESSLER,

Me Henry FLECHER, avocat.

Par Avocats à Toulon - Publié dans : Justice - Communauté : l'actualité en général
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