Le 25 avril 2009, voici plus de 9 mois, disparaissaient dans le crash d'un hélicoptère de l'aviation civile en Corse cinq personnes, dont l'équipage, un Médecin du SAMU,
et une jeune femme de 20 ans, Justine GRESSLER, en phase d'accouchement d'un petit garçon devant s'appeler Léo.Dès l'annonce de cet accident, des gendarmes de la Section de Recherches du Groupement des Transports Aériens (SRGTA) venant de ROISSY CDG investissaient les lieux, saisissaient toutes les pièces à conviction utiles à l'enquête, sécurisaient le périmètre en empêchant les journalistes d'approcher à moins de 300 mètres, et ouvraient "leur" enquête en collaboration avec le GTA d'AJACCIO.
Puis ils emportaient à ROISSY les scellés, parmi lesquels une carte silicon drive présente à bord et retrouvé à peu près intacte, suffisamment tout au moins pour que ses données soient exploitables. Cette carte, non corrompue, était décryptée grâce à un logiciel fourni par le fabricant de l'hélicoptère (EUROCOPTER), omniprésent lors des opérations techniques d'examen de l'épave et de ses organes par le Centre d'Essais de SACLAY.
Parallèlement, le BEAD-air, qui dépend tout comme le CEPR de SACLAY, de la Direction Générale de l'Armement (DGA), prenait en mains l'affaire et déclarait vouloir effectuer une "expertise", bien que ce Bureau n'émette que des avis et recommandations et que celles résultant des accidents similaires survenus à des hélicoptères du même type (EC145 autrement désigné BK117C2) en 2003 et 2006 n'aient à ce jour pas été suivies d'effet.
La famille (les parents et les frères) de Justine nous chargeaient aussitôt de déposer plainte avec constitution de partie civile devant un Juge d'Instruction de BASTIA, Madame Valérie TALLONE, qui attendit alors 5 mois avant de recevoir la famille en son Cabinet, pour un "entretien" de 10 minutes dénué de toute empathie et de toute promesse.
Par la suite, nous avons été contraints, l'Instruction demeurant "en cours", de demander, officiellement, des actes d'investigation et des expertises, notamment une expertise aéronautique, à l'instar de celles qui avaient été ordonnées suite aux accidents de 2003 et 2006.
Et là, quelle n'est pas notre surprise de constater que le Juge refuse de désigner des experts, malgré deux demandes successives dont la deuxième très précise: le 4 janvier Madame TALLONE reçoit une demande de désignation d'experts inscrits sur la liste des experts près les Tribunaux ou Cours d'Appel, afin de recherche non pas les défauts de structure de l'épave, mais les causes de l'accident, attribuées selon certains à une faiblesse caractérisée du Rotor Arrière Anti-couple (RAC) qui, dans certaines circonstances, notamment climatiques (bien que la météo lors de l'accident était médiocre mais pas exécrable), a tendance à provoquer une "mise en toupie" de l'appareil, qui devient incontrôlable et s'écrase.
Mais il y a plus: l'on sait par les relevés radar au sol que l'hélicoptère (baptisé Dragon2b) a connu, quelques minutes à peine après son décollage normal, deux phases critiques qui ne peuvent être expliquées autrement que par une défaillance non pas humaine mais mécanique ou résultant d'un phénomène de "vortex" bien connu des pilotes: l'appareil a subitement changé de cap et perdu de l'altitude, pour ensuite remonter très haut mais à une vitesse invraisemblablement faible (5kt) avant de s'écraser contre la falaise avec une violence inouïe.
L'expertise que nous avons demandé avait pour objet de procéder à une reconstitution des conditions de l'accident et à des essais en vol contrôlés.
La Juge avait jusqu'à ce jour 4 février pour rendre sa décision, à défaut de quoi son mutisme équivaut à un refus implicite. Et nous y sommes: le Juge n'a pas répondu. Et il y a fort à penser que le Président de la Chambre de l'Instruction ne verra pas d'un bon oeil que l'on le saisisse une seconde fois d'un refus implicite du Juge (la première fois il nous a été répondu que notre demande était sans objet, le CEPR ayant déposé un "rapport" excluant toute défectuosité mécanique - sans toutefois proposer d'hypothèse quant aux causes du crash.)
Récemment, un vendredi soir tard sur Canal+, un reportage sans doute préalable au procès qui vient de s'ouvrir après...10 ans concernant le Concorde a diffusé les "aveux" d'un ancien directeur du B.E.A. disant clairement malgré son embarras, qu'il avait reçu ou recevait des ordres de se taire.
N'en serait-il pas de même ici? Le BEAD-air ne répond plus à nos lettres recommandées; la Sécurité Civile non plus. Le Juge pas davantage...
Va-t-il falloir demander la mise en examen du PDG (allemand) d'EUROCOPTER pour complicité d'homicides involontaires et mise en danger de la vie d'autrui pour que quelqu'un daigne s'occuper de ce dossier, qui demeure bien au frais dans les cartons du BEAD-air ?
Qui peut oser prétendre qu'en plus de 9 mois, ce "Bureau", affidé au pouvoir et notamment au Ministère de la Défense, n'a pas "sa petite idée" sur les causes de ce drame?
Oui mais! La raison d'Etat est là, avec ce contrat portant sur des milliards de dollars avec les USA portant sur la version militaire de cet hélicoptère (le même, avec doubles commandes et installation de dispositifs d'armement).
Et les politiques, passées les premières larmes de crocodile généreusement filmées par les médias (Madame ALLIOT-MARIE est venue se recueillir sur place, le Président SARKOZY a juré de faire la lumière, etc..), plus personne, là non plus, ne répond aux sollicitations et demandes légitimes de la famille.
Le Premier Ministre François Fillon, par un courrier signé de son Directeur de Cabinet, a promis de peser sur les Ministres concernés, qui devaient "très rapidement" prendre contact avec nous (il y a de cela 2 mois, sans réponse depuis).
Le Presse locale et nationale, après de vagues promesses de "sortir un article", demeure totalement absente et sourde à nos appels.
Quelle est cette France dans laquelle nous vivons, et qui en ce moment nous rappelle les heures les moins glorieuses de son histoire?
Quelle est cette France où des "patrons" d'entreprises publiques ou non perçoivent des retraites d'un million d'euros...par mois (avec un 13ème mois pour celui de Véolia), où les scandales du type EADS ou autres demeurent en l'état impunis, où l'on classe "Secret Défense" des affaires douteuses?
Madame Nicole BRUNEL, mère de Justine, pleure tous les jours toutes les larmes de son corps sans pouvoir commencer son travail de deuil, qui ne pourra débuter qu'avec la vérité sur la port de sa fille.
Nous avons créé des groupes sur Facebook, qui rassemblent des centaines d'amis s'associant à notre démarche, et aussi un site sur google à l'adresse https://sites.google.com/a/avocats-toulon.fr/dragon2b/, visité par des centaines d'internautes français et étrangers.
Selon que vous serez riche ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blancs ou noirs.
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